Artisanat, travail de la paille

Un peu d'histoire

Le travail de la paille a toujours existé dans l’histoire de St Barthélemy. C’est vers 1890 que cet artisanat connut un véritable essor grâce au Père Morvan qui exporta d’îles voisines des graines et de jeunes pousses du Palmier Sabal plus souvent appelé «  Latanier ». Ce n’est que quelques années plus tard que cette modeste vannerie se modernisa. En 1925, le Père de Bryun fit venir une jeune fille Hollandaise de St Martin qui s’appelait Blanche Petterson. C’est elle qui apprendra aux femmes St Barth la confection de panamas, une meilleure technique de fabrication et de nouveaux modèles de tresses. Ce qui permit la création de nombreux objets tels que des paniers, des chapeaux, des sacs à main, des éventails...

Le travail de la paille est aujourd’hui toujours réalisé avec beaucoup d’amour et de patience par les vieilles dames de l’île. C’est grâce à elles que ces petits chefs-d’œuvre d’adresse perdurent et permettent de faire redécouvrir ce reflet de la culture de St Barthélemy aux nouvelles générations.

La technique

Les feuilles de lataniers sont travaillées en plusieurs étapes :

  • le séchage
  • la réalisation de rouleaux de « tresses de bases »
  • la confection définitive des objets en paille

Le séchage : L’objectif du séchage est d’obtenir les fibres végétales les plus souples et les plus claires possible. C’est pour cela que l’on choisit d’utiliser uniquement les « têtes d’amarres » choisies au toucher selon leur texture, en fonction des réalisations prévues.La « tête d’amarre » est la jeune feuille qui se trouve tout en haut de l’arbre et qui n’est pas encore ouverte. Elle est coupée puis est dépliée patiemment à la main, chaque lamelle de la feuille sera séparée. Vient alors le moment de la suspendre pendant une quinzaine de jours au soleil. A aucun moment elles ne doivent prendre la pluie sinon elles pourraient devenir cassantes ou cela pourrait en altérer les couleurs. C’est pour cette raison que tous les soirs les têtes d’amarres sont rentrées dans les cases.

Les rouleaux, pour confectionner des objets en paille il faut en préparer les éléments de base. Il s’agit de tresses qui sont réalisées avec les fines lamelles obtenues après avoir tillé les amarres. Pour que le travail final soit de bonne qualité, il faut absolument que les brins d’amarres soient égaux et qu’ils soient débarrassés de leurs deux bords plus épais. «  Ces tresses de base » sont ensuite roulées pour plus de commodité et pour le stockage.

Parmi les nombreuses variétés nées de l’imagination fertile des travailleuses, on peut distinguer sept types de «  tresses de base » :

La «  tresse à 11 » : elle est confectionnée, comme son nom l’indique, avec onze brins. Le tressage est régulier, c’est la tresse à tout faire, la véritable tresse de base pour l’ensemble des objets en paille.

La « tresse à nœuds » : elle est réalisée avec sept ou onze brins. Des boucles régulières bordent un des côtés de cette tresse de base pour l’ensemble des objets de paille.

La «  tresse à bouton » : elle est réalisée avec onze brins, comme pour la « tresse à onze », mais avec des petites boucles fantaisies disposées au centre de la tresse.

La «  tresse à jours » : elle est réalisée avec six, huit ou douze brins. Comme son nom le signale, la tresse est ajourée, le tressage est large et est réalisé avec des brins très fins.

La «  tresse à quatre » : elle est réalisée avec quatre brins qui sont tressés largement pour présenter des jours comme la tresse précédente.

La « tresse à dents » : elle est réalisée avec quatre brins. Les bords de cette tresse sont en dents de scie. Elle est employée cousue avec d’autres tresses pour délimiter le bord des ouvrages.

La « tresse à trois » : elle est réalisée avec trois brins de façon classique pour former de longs « scoubidous » qui seront enroulés et cousus, pour figurer différents éléments de décorations. Comme les cœurs des fleurs ornant les corbeilles à pains…

Les ouvrages en pailles : Chaque objet est le résultat d’un ou plusieurs assemblages de «  tresses de base », pour cela elles sont cousues entre elles. D’autres objets fantaisies nécessitent des doigts encore plus agiles, car ils sont tressés directement, ce qui donne comme résultat de charmants oiseaux du paradis, des fleurs extraordinaires et des petits poissons des mers du côté « Sous le Vent », et des corbeilles, paniers et chapeaux panama, véritable broderie de paille, dans la partie « Au vent » de l’île…

 
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